Récit d’une nantaise en Franche-Comté

Vendeur rencontré sur le marché de Besançon

 

L’annonce… 

« Nous avonsle plaisir de vous annoncer que votre candidature a été retenue. Bienvenue à l’Université de Belfort Montbéliard ». 

Ainsi, me voilà inscrite en MOSEL. Inutile de vous préciser que ma première réaction a été d’aller me renseigner quant à l’emplacement exact de « Montbéliard ». L’Est. Après 3 ans d’études supérieures dans ma belle ville nantaise, j’allais devoir traverser la France et m’installer loin des miens.

Voici le trajet que j’ai fait en Twingo.. Ce fut long… Très long

Une fois ma famille et mes amis prévenus, mon logement trouvé, mes affaires rassemblées, papa, maman et moi avons parcouru un certain nombre de kilomètres (820 km pour les curieux) afin de venir m’installer.

« Moi quand je suis arrivée ici, j’ai fait une dépression » – inconnue rencontrée au Leclerc de Montbéliard

Su-per ! Me voilà donc téléportée en Bourgogne-Franche-Comté, région de la saucisse, du fromage et de la voiture Peugeot…

Ce ton ironique n’est pas à prendre au sérieux évidemment. Rapidement, j’ai pu me rendre compte que j’avais de la chance d’être arrivée ici. La formation que j’intégrais allait me donner la possibilité de faire de belles rencontres et d’enrichir mon expérience professionnelle et personnelle.

Certes, mes 6 mois de formation s’annonçaient riches et intenses, mais qu’en serait-il de mon quotidien ? Qu’allais-je faire de mon temps libre ?

 

Sylvianne et Cie

Une nantaise à Montbéliard

Il faut savoir que la Franche Comté, c’est une petite région située entre le Rhône-Alpes, l’Alsace et la Lorraine. Celle-ci est approximativement constituée de 80% d’humains, 10% de vaches (NDLR : les montbéliardes), 7% de poules et 3% de cochons. Vous y trouverez également de très beaux paysages.

En ce qui concerne ma vie à Montbéliard, je ne vais pas vous mentir en vous disant que c’est une ville très dynamique et vivante. J’ai d’ailleurs tendance à penser que les gens vivent au rythme du soleil : dès qu’il se lève, les rues sont animées mais dès que la nuit tombe, tout le monde disparaît. Cependant, certains lieux sont à connaître et la promo10 MOSEL a rapidement trouvé son QG : le Local, petit bar au centre de la ville où l’on sert de bonnes boissons et de bons produits locaux jusque tard le soir.

Niveau verdure, le Près la Rose, grand parc naturel de Montbéliard, est très reposant et agréable. Pour les plus sportifs, la base de loisirs de Brognard vous donne la possibilité d’aller vous défouler dans un cadre sympathique. Je n’ai toujours pas visité l’incontournable Musée Peugeot mais compte bien y aller avant la fin de ma formation… Promis !

J’ai également eu l’occasion d’explorer de belles villes aux alentours telles que Besançon et Belfort et leurs magnifiques citadelles. Croyez-le ou non, nombreuses sont les activités, les concerts et les événements proposés dans la région (pour avoir un aperçu des projets tutorés pris en mains par les étudiants MOSEL cette année, cliquez ici)

Que ce soit à un niveau sportif, culturel ou musical, tout le monde peut y trouver son bonheur, vous n’avez plus qu’à vous servir !

 

Le dialecte local : de quoi nous laisser pantois …

Lulu la Belfortaine

 

 

 

Je préfère vous prévenir quant à l’accent atypique de la région. Le franc-comtois parle leeeennnnteeement et certaines expressions locales me laissent parfois sceptique. Avec le temps, je trouve que cela rajoute au charme de la région et je l’apprécie de plus en plus. Vous trouverez ci-dessous, quelques expressions que j’ai eu plaisir à entendre ici… 

 

 

 

 

Top 5 des expressions les plus utilisées en Franche-Comté :

« Besac » : abréviation de Besançon, capitale franc-comtoise (Si,si Besançon comte actuellement plus de 100 000 habitants )

« T’as meilleur temps » : « tu ferais mieux »

« Beuillot » : personne un peu maline, voire sotte

« Cornet » : Quand tous les français pensent à une glace, les Franc-comtois comprennent un sac pour les courses

5 « Murie » : si vous entendez ce terme sortir de la bouche d’un franc-comtois, c’est qu’il vous insulte !

 

Nous pourrions agrémenter ce classement par :

– « Goumeau » : mixture étrange à la texture du flan que les cuisinières locales utilisent pour gâcher une bonne tarte aux pommes

« Dious » : dieu en patois local : « Nom de Dious ! » « Cré vingt Dious ! » « Bon Dious ! »

« Patemouille » (n.f) : chiffon humide servant à nettoyer la table de la cuisine

« Chni » (n.f) :(orthographe à vérifier) = petit tas de poussière fait pendant le ménage

« Daubot » (n.f) : personne de petite taille

« Colle » (n.f) : autre nom de la cancoillotte

J’espère que cette leçon vous a plu car vous en aurez besoin, croyez-moi !

En France, nous avons la chance de pouvoir être dépaysés après quelques heures de route. Les paysages se multiplient aux quatre coins de l’hexagone, les architectures changent, sans parler des variétés culinaires présentes sur le territoire…

 

Anouk la Lédonienne

Au pied du sapin il y aura…

Cancoillotte, Mont D’Or, Morbier, Comté*, bière Rouget de l’Isle, Saucisse de Morteau*, Pochouse, Griotines… Le tout accompagné d’un excellent Vin Jaune*… Vous le comprendrez, en Franche-Comté on mange bien !

Pour les gourmands et adeptes de bons plats comme moi, rien de mieux que d’avoir posé ses valises ici. Alors oui, entre les bons fromages, l’excellente charcuterie et les plats mijotés locaux, votre séjour en Franche-Comté ne vous fera pas perdre de poids. Mais avouez qu’il serait dommage de ne pas en profiter…

 

Zoom sur trois spécialités locales

* Petit portrait d’un grand fromage local : le Comté

Le Comté AOP est THE fromage de la Franche-Comté. il est produit dans le Massif du Jura qui s’étend sur le Jura, le Doubs et l’Ain.

Pour faire un bon Comté, il vous faudra des vaches de races Montbéliarde (logique !). Mais ce n’est pas tout (ce serait trop facile), une « fruitière », petite fromagerie artisanale est également recommandée.

*La belle de Morteau

Depuis le XVIIIème, la saucisse de Morteau est exclusivement produite sur les plateaux et les montagnes du massif jurassien du Haut-Doubs. Vous reconnaîtrez cette saucisse grâce à sa scelle métallique et une cheville de bois refermant son boyau (Hmmmmm…)

Pour faire une bonne saucisse de Morteau, il vous faudra habiter à plus de 600m d’altitude et élever des porcs francs-comtois exclusivement nourris aux céréales et au petit lait. Pour les adeptes de ce produit, un fumoir leur est fortement recommandé car la Belle de Morteau est fumée pendant près de 48h sur un feu de sciure de sapin, d’épicéa et de genévrier, et ce, dans des cheminées pouvant atteindre plus de 14m de haut ! (Waouhh !!)

Lucas (Debout, 3ème en partant de la droite) entouré de ses copains venus d’ici… et du Danemark

*Le Vin Jaune

Ne repartez pas de la Franche-Comté sans avoir goûté le fameux Vin Jaune ! Ce breuvage repose minimum 6 ans et 3 mois avant d’être commercialisé. Comme vous pouvez le constater, le Vin Jaune est un produit de tradition et de patience. Les jurassiens l’honorent d’ailleurs le premier week-end de Février lors de la Percée du Vin Jaune qui n’est autre que l’une des premières fêtes viticoles de France (et qui attire plus de 45 000 visiteurs à chaque édition… Eh oui on en fait des choses en Franche-Comté !)

Passons au choses sérieuses : l’hiver en Franche-Comté

Hormis la cuisine locale que je goûte peu à peu depuis mon arrivée, il me tarde de découvrir la région sous la féérie de Noël.

« Ah mais vous avez déjà froid là ?! La première année où je suis arrivée en Franche-Comté, il a fait -17° » – Professeure en développement personnel

La Franche-Comté c’est quand même un autre monde. Moi qui ne vis que lorsqu’il fait chaud et qui adore donc l’été, je vous laisse vous imaginer ma tête. Ce ne sont pas mes petites chaussures en daim, mon « petit » manteau d’hiver et mon joli bonnet qui me permettront de survivre ici. Si les températures continuent de descendre, je vais d’ailleurs devoir investir dans les Moon Boots et la doudoune… Je ne suis pas prête…

Mais bon, la Franche-Comté, c’est aussi une belle petite région pleine de montagnes située à deux pas de la frontière Suisse et Allemande. Ainsi, rien ne vous empêchera d’étendre votre curiosité au-delà de Montbéliard et d’aller visiter les beaux paysages enneigés qui s’offrent à vous.

Jacques et Michelle devant l’Eglise Saint-Maurice, Besançon

Pour finir… 

Au début de cet article, on aurait pu croire que j’allais vous décrire une région totalement inhabitée où rien ne se passe. Mais au contraire, j’ai découvert Montbéliard et tous les jours, je me rends compte de l’opportunité d’être ici. Je ne regrette pas mon choix. Cependant, j’ai conscience qu’il n’est pas facile de s’éloigner. C’est tout à fait humain que d’appréhender de quitter ses proches et ses petites habitudes.

Mais au final, MOSEL, c’est 6 mois d’une riche aventure. Et puis en vous engageant dans cette formation c’est toute une famille que vous allez découvrir, des liens que vous allez tisser, des personnes que vous allez rencontrer… MOSEL c’est une belle mosaïque de la France : Marseille, Vichy, Angers, Orléans, Lille, Strasbourg… Un beau mélange de saveurs !

 

MOSEL#10

 

J’espère qu’à travers cet aperçu de la Franche-Comté, je vous ai donné envie de venir découvrir ce petit bout de territoire.

Je finis cet article en vous disant que malgré les températures extrêmes de l’hiver, les expressions locales et les plats très forts en fromage, le Franc-Comtois a le cœur chaud et il reste une personne très accueillante qui vous fera aimer la région un peu plus chaque jour…

Alors, on se retrouve en MOSEL ?

 


Perrine Mercier Promotion Mosel 2018Perrine Mercier

Promotion Mosel 2017-18